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Accueil > Equipes de recherche > Evolution des Angiospermes > Évolution des complexes d’espèces et organisation du génome > Evolution de l’organisation du génome et spéciation

Evolution de l’organisation du génome et spéciation

Cette thématique a été développée sur plusieurs complexes d’espèces (Lilium, Ipomea, Pinus, Ramonda) notamment dans le cadre de 3 thèses soutenues en 2006 et 2007.

Nous avons choisi de présenter nos recherches sur le genre Ramonda.

Rôle de la polyploïdie et de l’hybridation chez des espèces paléo-endémiques : exemple de plantes à résurrection (genre Ramonda)

Le genre Ramonda (famille des Gesneriaceae) est composé de trois espèces paléo endémiques (Ramonda serbica R. nathaliae, R. myconi) considérées comme des "fossiles vivants" de l’époque Tertiaire et qui représentent les rares vestiges de la flore tropicale et subtropicale dans les régions de l’Europe du Sud (Balkans) et de la Méditerranée : Pyrénées.

Ces espèces sont caractérisées par leur poïkilohydrie (aptitude à passer rapidement d’un état de complète déshydratation (anabiose) à une turgescence cellulaire normale). Des prospections sur le terrain ont permis de collecter une trentaine de populations des trois espèces. L’étude de l’évolution de ce complexe d’espèces original a fait l’objet d’un projet centré sur la quantification de la taille du génome, l’évolution de la ploïdie et l’analyse de la structure génétique des populations à l’aide de marqueurs moléculaires (AFLP).

L’analyse de la variation des quantités d’ADN au sein des populations révèle des différences non significatives entre 6 populations de R. nathaliae (2,26 à 2,33 pg). Par contre chez R. serbica des variations significatives aussi bien au niveau inter qu’intra population de quantité d’ADN ont été mises en évidence. Dans deux populations prospectées dans une zone de sympatrie entre R. nathaliae et R. serbica on trouve un taux élevé d’hybrides comme le suggèrent les valeurs intermédiaires de qADN 2C. Ramonda nathaliae et R. myconi sont des espèces diploïdes ou paléopolyploïdes diploïdisées (2n=48) avec une quantité d’ADN (2.3 et 2.59 en moyenne respectivement) qui est trois fois plus faible que celle de l’espèce hexaploïde R. serbica (2n=144 ; 2C= 7.83). Comme le montre la figure 1, les niveaux de ploïdie des trois espèces résulteraient de différents mécanismes notamment de doublements chromosomiques spontanés et/ou de rencontres de gamètes réduits et non réduits à partir d’une forme ancestrale diploïde (sensu stricto) à 2n=24. Il semble donc que la polyploïdie ait été l’un des principaux mécanismes impliqués dans l’évolution du genre Ramonda.

Figure 1. Evolution de la polyploïdie dans le genre Ramonda (schéma hypothétique).