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Accueil > Equipes de recherche > Evolution des Angiospermes > Évolution des complexes d’espèces et organisation du génome > Pratiques agricoles, flux de gènes et dynamique des ressources génétiques du mil (Pennisetum glaucum ( L.) R.Br) en zone sahélienne

Pratiques agricoles, flux de gènes et dynamique des ressources génétiques du mil (Pennisetum glaucum ( L.) R.Br) en zone sahélienne

Nous développons depuis quelques années des recherches portant sur l’effet des pratiques agricoles et des changements observés actuellement concernant ces pratiques, sur la dynamique des ressources génétiques du mil, une céréale majeure des pays de la zone sahélienne. Ces travaux se sont déroulés jusqu’à maintenant sur une échelle spatiale locale, dans le sud-ouest du Niger. En particulier, nous nous sommes intéressés à deux questions :

(i) Comment les savoirs locaux et les pratiques agricoles contribuent-elles à la dynamique des populations de mils adventices (les soun) qui présentent des phénotypes intermédiaires entre le mil sauvage et le mil domestique et qui sont perçues par les agriculteurs comme envahissant les champs de mil à l’heure actuelle ?
(ii) Comment les modalités de gestion des semences et des modes d’approvisionnement contribuent-elles aux flux de gènes entre populations de mils cultivés et à l’évolution de leur diversité génétique dans l’ensemble de la région d’étude ?

Les études anthropologiques suggèrent que les échanges de semences de mil entre agriculteurs peuvent, via les marchés régionaux, se produire sur des échelles géographiques larges (échelle régionale). Ceci est très probablement le facteur déterminant les niveaux très faibles de différenciation génétique qui ont été observés par analyse du polymorphisme AFLP, comme en témoigne l’analyse comparative des variétés cultivés et des lots de semences achetés par les agriculteurs sur les marchés (Allinne et al., 2008).

L’analyse du polymorphisme AFLP de populations domestiques, soun et sauvages en situation de parapatrie/sympatrie montre que les niveaux de différenciation génétique entre mils domestiques et sauvages sont très élevés au regard de ce que l’on observe entre mils domestiques et sauvages (Mariac et al. 2006). L’analyse du système de reproduction de mils domestiques, spontanés et sauvages en situation de parapatrie suggère par ailleurs l’existence de fécondations de type homogamétique (Robert et al, 2005). Elles pourraient être dues à des mécanismes de compétitions polliniques déjà décrits chez le mil dans des conditions de croisements contrôlés. Il n’est toutefois pas démontré que ces processus puissent moduler les flux de gènes entre mils domestiques et sauvages. Néanmoins, l’analyse de la diversité présente au niveau des nuages de pollens fécondant les différents morphotypes, suggère une dispersion efficace très limitée du pollen issu de la population sauvage vers le champ. La diffusion très large des soun à l’échelle de la région serait ainsi liée à une circulation importante et une utilisation accrue de semences issues d’épis non sélectionnés, plutôt qu’à des flux de gènes récurrents entre formes domestiques et sauvages.

De plus, les études sur les pratiques, montrent que les agriculteurs n’ont pas la possibilité de distinguer efficacement, avant la floraison, ces mils adventices repoussant au sein des lignes de semis compte tenu des faibles corrélations existant entre les caractères au stade juvénile et les caractéristiques de ces mils adventices après la montaison. Ainsi la forte proportion de mils adventices arrivant au bout de leur cycle assure un renouvellement important de la banque de graines dans le sol. L’abandon très répandu des jachères dans cette région du sahel et un recrutement important à partir de la banque de graines renforce ainsi les possibilités de flux de gènes entre ces mils adventices et les mils domestiques, et donc d’introgression des populations cultivées par des caractères défavorables tel que l’égrenage spontané. Ces recherches ont été financées par le BRG.