Responsable : Juan Fernandez-Manjarres

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L’équipe de recherche Trajectoires Ecologiques et Société (TESS) étudie les interactions entre les processus écologiques et l’organisation des sociétés humaines au sein des systèmes socio-écologiques (SSE). Les approches sont interdisciplinaires et comprennent des méthodes classiques en écologie jusqu’aux méthodes utilisées dans l’anthropologie et les sciences politiques.
De manière générale, nous nous intéressons à l’émergence de la complexité dans les SES.
Nos objectifs sont de comprendre et prévoir la complexité et les dynamiques des SSEs et les processus de gestion d’écosystèmes et gouvernabilité des SSEs, en nous concentrant spécifiquement sur les propriétés de transformabilité de ces SSEs. Nous nous inscrivons largement dans les objectifs de la commission interdisciplinaire 52 du CNRS.


Nos axes de recherche sont :

Adaptation, transformation et changement climatique

  • Projet ANR AMTools


Personnes responsables : Juan Fernández-M. et Nathalie Frascaria
Contexte :
Cet axe de recherche se centre sur le concept d’aider les socio-écosystèmes à s’adapter au changement climatique à travers de la mise en place des pratiques qui représentent des changements de paradigme comme la « migration assistée ». Ces changements impliquent ne seulement une évolution dans la gestion, mais aussi des changements dans le politiques publiques et la gestion de risques dans le long terme.
Mots cléfs : adaptation, transformabilité, incertitude

  • Réseau Tplus3 (2015-2016)  :

Ce réseau a été financé par le Labex BASC (http://www6.inra.fr/basc) et a pour objectif de constituer une équipe interdisciplinaire (écologie, géographie, économie, climatologie, modélisation, etc) dans un axe climatique méditerranéen -tempéré avec des chercheurs du Portugal, de l’Espagne et la France. Le but est d’analyser comment l’action concertée du changement climatique, l’abandonnement des terres, le dépérissement des forêts, etc, peuvent produire des points de basculement (« tipping points ») socio-écologiques dans un contexte de « Méditerranisation ». Nous nous focalisons particulièrement aux zones de transitions sub- méditerranéennes.

  • Adaptation stratégique et gestion de la biodiversité
Le projet doctoral de Timothée Fouqueray consiste en une analyse des liens entre adaptation stratégique des humains au changement climatique et gestion de la biodiversité. Cette thèse tente de déterminer la viabilité écologique à long-terme de l’évolution des pratiques forestières dans un contexte de changement climatique, tout en maintenant les usages variés que nos sociétés font des milieux forestiers. L’approche interdisciplinaire mêle outils écologiques, sociologiques et économiques afin de déployer une réflexion en trois phases :
i) Quelles sont les solutions à disposition des décideurs et gestionnaires publics pour adapter les usages de la forêt aux impacts du changement climatique ? Quels sont les éléments ayant mené au choix d’une solution ou d’une autre, et ce choix serait-il réitéré a posteriori ?
ii) Quels scénarios d’évolution socio-écologique du territoire peut-on imaginer, dans un contexte d’incertitudes climatiques ?
iii) Comment tester, dans ces scénarios, le choix d’un bouquet de solutions afin de concilier les besoins d’adaptation et de gestion de la biodiversité ? La modélisation d’accompagnement pourra être une méthode d’investigation pertinente pour cette phase prospective.
Un regard attentif sera porté sur les solutions fondées sur la nature, afin d’en déterminer les tenants et aboutissants sociaux, économiques et plus spécifiquement écologiques.
Ce projet fait l’objet d’un co-encadrement par Nathalie Frascaria-Lacoste (écologue, ESE) et Michel Trommetter (économiste, GAEL) ; il est planifié sur la durée septembre 2016 – septembre 2019.
  • ACE-ICSEN

Durabilité des zones urbaines et périurbaines

Mots-clés

agriculture urbaine, système socio-écologique, interdisciplinarité, potentiel écologique, urbanisation, sensibilisation, fonctionnalité écologique, services écosystémiques, infrastructure

Dynamiques éco-évolutives dans les paysages agricoles

  • Contrôle biologique, pollinisation et paysages
Personnes en charge : Jane Lecomte, Antoine Le Gal
Dans le cadre d’une transition des systèmes d’agriculture conventionnelle vers l’agroécologie, des recherches sont menées afin d’étudier les conséquences écologiques et évolutives de la mobilisation de la biodiversité dans les systèmes cultivés.
La thèse de doctorat d’Antoine Le Gal s’intègre dans le cadre de ces recherches.
Titre de la thèse  : Interactions entre contrôle biologique et pollinisation : une approche éco-évolutive des services écosystémiques et application pour la conception d’instruments de gestion des paysages agricoles
Résumé de la thèse :
L’utilisation des insecticides afin de contrôler les ravageurs de cultures est de plus en plus remise en cause, en raison des impacts sur la santé humaine comme sur l’environnement. Une pratique alternative reposant sur le fonctionnement de la biodiversité locale est la lutte biologique par conservation. Celle-ci consiste à entretenir des milieux semi-naturels (par exemple des bandes enherbées) pour favoriser les populations d’auxiliaires de culture qui viendront exercer un rôle de régulation sur les ravageurs des milieux cultivés. Cependant, les résultats de ces pratiques sont contrastés sur le terrain. La présence de pollinisateurs induisant des interactions mutualistes, et l’évolution de la répartition des auxiliaires entre milieux semi-naturels et milieux cultivés, pourraient être deux mécanismes permettant d’expliquer ces résultats contrastés. Ceux-ci pourraient ainsi déboucher sur une interaction entre les services écosystémiques de contrôle biologique et de pollinisation.
Par une approche de modélisation éco-évolutive, les travaux prévus dans le cadre de la thèse chercheront donc à analyser ces mécanismes et les scénarios d’interaction possibles entre services. Un levier de gestion pour la mise en place de la lutte biologique par conservation est la structure paysagère, dont différentes caractéristiques (composition, configuration, qualité…) influent sur les abondances des auxiliaires comme des pollinisateurs. Nous chercherons donc à spatialiser notre analyse des mécanismes éco-évolutifs évoqués, afin de comprendre l’influence de ces différentes caractéristiques du paysage et déterminer des structures propices à la synergie entre services. Enfin, la mise en place de telles structures questionne les démarches de conception d’instruments de politiques publiques pour la gestion du paysage. En effet, les instruments actuels reposent en majorité sur une logique individuelle entraînant un effet à la parcelle ou sur l’exploitation, alors qu’il serait possible d’envisager une construction collective des paysages agricoles. En couplant nos modèles éco-évolutifs avec des modèles multi-agents décrivant les modes de gestion du paysage, nous chercherons donc à évaluer la capacité de différents instruments à promouvoir une synergie durable des services de contrôle biologique et de pollinisation.

Interactions biodiversité-société

Conservation et évolution : pour une approche évocentrée de la biodiversité
Personnes en charge : Jane Lecomte et François Sarrazin (UMR CESCO 7204 MNHN-CNRS-UPMC)
L’érosion actuelle de la biodiversité tarde à être freinée à une échelle globale malgré les nombreuses initiatives en ce sens, dont certaines s’appuient de plus en plus sur la notion de services apportés par la biodiversité au bien être humain. L’anthropocentrisme dans une anthropocène aveugle ou délibérée semble alors être un horizon indépassable, au moins d’un point de vue pragmatique, pour répondre à cet enjeu.
Cependant, si les interactions entre les humains et le reste de la biodiversité – les non humains – sont issues de trajectoires sociales et culturelles, elles sont aussi issues de nos trajectoires évolutives conjointes qui mériteraient d’être considérées pour mieux comprendre les inerties actuelles dans nos modes de perceptions et d’actions sur la biodiversité.
Nous proposons cinq scénarios des trajectoires humains/non humains qui dépendent de différentes valeurs intrinsèques ou instrumentales apportées au reste du vivant. Cette grille de lecture qui vise à considérer conjointement sciences humaines et approches évolutives apparait susceptible de générer de nouvelles perspectives de recherche, de recommandations d’action de conservation et de prise en compte des contraintes et enjeux de leur mise en œuvre.
Références :
Sarrazin, F. & J. Lecomte 2016. Evolution in the Anthopocene. Science 351 : 922-923.
Sarrazin, F. & J. Lecomte 2016. Response : Invasive species shape evolution. Science 352 : 422-423.
Lecomte, J. & F. Sarrazin. 2016. Repenser l’innovation dans une approche évocentrée de la biodiversité. Biofutur 35:62-64
Sarrazin, F. & Lecomte J. 2014. Peut-on dépasser l’anthropocentrisme dans nos regards sur la biodiversité ? https://www.sfecologie.org/regard/r…

Savoirs écologiques locaux dans la gestion des socioécosystèmes

Des forêts tropicales aux régions boréales, le feu est une perturbation naturelle indispensable au fonctionnement de nombreux écosystèmes. La suppression des feux pendant l’ère moderne est donc considérée comme une dégradation des dynamiques écologiques devant être restaurées. Le feu est également un outil puissant d’ingénierie écologique, utilisé par l’homme pour modifier son environnement depuis des millénaires. Il s’agit donc d’un processus aussi bien naturel que culturel qui a façonné les systèmes socio-écologiques que nous connaissons aujourd’hui. Pourtant le rôle des communautés humaines et des pratiques traditionnelles de gestion est encore peu pris en compte dans la compréhension et dans les projets de restauration de ces régimes. En se basant sur un système socioécologique modèle, la forêt boréale, les objectifs de ce doctorat sont : (i) d’étudier les savoirs locaux et autochtones sur les feux sauvages et contrôlés ; (ii) caractériser le régime de feu présent dans un contexte de changement climatique ; (iii) d’analyser les effets des pratiques modernes de brûlage en étudiant les brûlages passés. Les résultats apporteront de nouvelles connaissances sur les questions clés en écologie de la restauration que sont : (1) quels doivent être les régimes de perturbation pour restaurer des systèmes socio-écologiques ? (2) Comment intégrer les savoirs locaux et autochtones, et savoirs scientifiques à une gestion adaptative des systèmes socio-écologiques ?